Prévention du suicide : signez l’appel des 44 pour aider à sauver des vies !

Signataires

Michel DEBOUT

Professeur de médecine légale, ancien membre du Conseil économique, social et environnemental

Norbert ALTER

Professeur de sociologie

Vincent DE GAULEJAC

Professeur de sociologie clinique

Bernard SALENGRO

Médecin du travail, secrétaire national CFE-CGC

Jacques VEDRINNE

Médecin psychiatre

Vincent CESPEDES

Philosophe

Boris CYRULNIK

Médecin psychiatre

GRANDE LOGE FEMININE DE FRANCE

Françoise GENG

Présidente de la section « Travail et Emploi » du Conseil Economique Social et Environnemental

Jean-Claude MAILLY

secrétaire général de Force Ouvrière

Luc BERILLE

Secrétaire générale de l'UNSA

François CHEREQUE

Ancien président de la CFDT

Jean-Paul DELEVOYE

Président du conseil économique, social et environnemental

Jean LE GARREC

Ancien député socialiste

Voir tous les signataires

Madame, Monsieur,

Ce n’est pas sans une certaine émotion que nous nous adressons à vous, signataires de « l’Appel des 44 » lancé en mai 2011. En effet, vous le savez sans doute, Mme Marisol Touraine, ministre de la Santé et des Affaires sociales, vient d’installer ce mardi 10 septembre l’Observatoire national des suicides en faveur duquel nous nous sommes collectivement engagés. Le décret portant création de l’Observatoire vient d’être publié : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000027939042.

Comme nous le demandions, cet « Observatoire national du suicide », rattaché au ministre chargé de la Santé, sera indépendant et pluridisciplinaire. Il a pour mission de coordonner et d’améliorer les connaissances sur le suicide et les tentatives de suicide, d’évaluer l’effet des politiques publiques en matière de prévention du suicide, de produire des recommandations, notamment en matière de prévention.

Cette création représente évidemment une réelle avancée. Mais il ne s’agit que d’un premier pas dont nous serons totalement satisfaits lorsque cette surmortalité liée aux suicides aura été fortement réduite dans notre pays. Beaucoup reste donc à faire dans le cadre de l’Observatoire et au niveau des engagements individuels et collectifs que nous avons tous.  Savourons néanmoins l’instant car il a fallu beaucoup d’énergies, de temps et d’actions multiples pour emporter la conviction des décideurs et bousculer les tabous.

Nous tenons donc à remercier tous les signataires de l’appel des 44 sans lesquels cette avancée n’aurait pu avoir lieu. Chaque signataire le plus modeste comme le plus visible, chaque personne physique ou morale impliquée et l’ensemble des partenaires sociaux signataires, ont permis cette avancée. Rendons hommage également à l’engagement du Président de la République, sensibilisé à notre combat et qui a parrainé le colloque du 04 février 2013 à l’Assemblée nationale ; n’oublions pas les parlementaires qui se sont engagés pour la création de l’Observatoire, ni non plus le président du Conseil  économique, social et environnemental et tous les groupes qui ont voté en février dernier l’avis demandant cette création et auquel Mme la ministre s’est ralliée.

Une période d’engagement s’achève, une autre s’ouvre au cours de laquelle nous resterons à votre disposition pour faire remonter vers l’Observatoire, dont certains d’entre nous sont désormais membres, vos initiatives, vos réflexions et vos témoignages.

Nous restons mobilisés et à votre écoute.

Merci à vous !

Michel Debout, psychiatre, professeur de médecine légale
Jean-Claude Delgènes, directeur général du cabinet Technologia

 

Pourquoi un observatoire
favorise t-il
la prévention du suicide ?

L’observatoire n’est pas là pour « compter les morts » ! L’observatoire des suicides doit être un instrument de connaissance pour l’action. Il s’agit de constituer un lieu indépendant où le brassage des intelligences, la mise en commun des données disponibles (actuellement très insuffisantes en médecine légale) et le partage de l’expérience entre les disciplines et les acteurs, et enfin l’enrichissement commune des bonnes pratiques entre acteurs et chercheurs permettront de proposer ensuite des politiques de prévention efficaces.

Un observatoire ne dilue-t-il pas
la responsabilité collective
(employeurs, pouvoirs publics etc.)
en cas de décès ?

Non ! Le suicide est un acte individuel qui exprime un état de la société autant qu’un état de l’individu lui-même. L’observatoire n’a pas pour objectif premier ou pour effet caché de dédouaner quiconque de ses obligations. Faire la part des choses dans la connaissance des populations, des régions, des professions où l’on se suicide le plus ne revient pas à transférer sur l’individu ou sur la seule sphère privée la responsabilité de la cause des suicides. L’observatoire doit au contraire permettre de mieux repérer les dimensions multifactorielles des suicides y compris celles liées aux situations de travail dégradées ou de handicap. En ce qui concerne les suicides commis sur les lieux de travail ou en relation avec le travail, quels qu’en soient les facteurs explicatifs, ils nous parlent aussi du travail, de l’entreprise ou de l’institution qui employaient la personne décédée.

Qu’est-ce que le cabinet Technologia, soutien actif de cet appel, gagne
à la création de cet observatoire ?

En soutenant la création de l’Observatoire, Technologia ne recherche ni parts de marché, ni poste, ni titre… mais une réduction du nombre de décès. Pour cela, il est aux cotés des associations et de Michel Debout. Lorsque l’initiative publique fait défaut, c’est à la société civile et aux initiatives privées de prendre le relai.

Technologia est, en effet, un cabinet privé qui vit de son travail, en réalisant des expertises concernant la santé et la sécurité. Mais on ne travaille pas au cœur du monde social par hasard. C’est aussi un collectif d’hommes et de femmes qui ont des convictions et savent s’engager quand il le faut. La prévention du suicide est à juste titre une cause qui les dépasse. S’ils ont contribué à lancer ce débat, c’est d’abord parce que la réalité du taux de suicide est venue gifler leurs réflexions et leurs pratiques d’experts. Le manque de connaissance en la matière est aussi un frein à leur action. Ses consultants ne disposent d’aucune donnée permettant de situer l’impact de la rupture du lien de travail sur la mortalité. Rien non plus concernant le surendettement. Cette carence est d’autant plus grave que les deux facteurs peuvent se cumuler. Un expert disposant d’indicateurs sur les effets des licenciements combinés aux effets du surendettement pourrait plus adroitement intervenir en prévention. Voilà les raisons de cet engagement.

Signez l’appel et laissez-nous
votre témoignage

 

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Appel pour un Observatoire des suicides (ensemble des signataires)