Vous êtes inscrit au FICP et vous avez besoin de contracter un nouveau prêt pour vous en sortir ? Vous désespérez à l’avance, car vous savez que les demandes effectuées par les fichés sont généralement refusées par les banques ? Bonne nouvelle ! Même si les banques vous tournent le dos, il existe d’autres solutions de prêt.

Comprendre le système de fichage de la Banque de France

Avant tout, il est primordial de bien comprendre le fonctionnement du fichage à la Banque de France. En effet, il sera plus facile de trouver une solution adaptée à votre cas, si vous comprenez pourquoi les banques ne veulent plus vous accorder un nouveau crédit.

Qu’est-ce que le FICP ?

Le Fichier National des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers ou FICP est un fichier créé en 1989 et géré par la Banque de France. En listant les incidents de paiement et les cas de surendettement, le fichier protège à la fois le consommateur et les banques. En général, la durée maximum de fichage au FICP est de 5 ans.  Il faut souligner que le FICP n’est pas le seul fichier de la Banque de France. Il y a aussi le FCC ou Fichier Central des chèques listant les incidents sur les chèques et le FNCI ou fichier national des chèques irréguliers comprenant la liste des titulaires de comptes qui ne peuvent plus émettre des chèques.

Pourquoi suis-je inscrit au FICP ?

Une personne se retrouve dans le FICP pour deux raisons : les incidents de paiement et le dépôt de dossier auprès de la Commission de surendettement. Il y a incident de paiement lorsqu’il y non- remboursement de :

  • D’une somme égale à deux échéances pour un crédit remboursable mensuellement
  • Une échéance impayée plus de 60 jours pour les autres types de crédits
  • Pour une dette au moins égale à 500 euros et qui ne comporte pas d’échéance, la totalité impayée 60 jours après une mise en demeure

Pour ce qui est du surendettement, le consommateur ayant déposé son dossier auprès d’une Commission de surendettement de la Banque de France est automatiquement enregistré au FICP dès la réception de son dossier. Si le dossier est retenu par la commission, l’inscription sera maintenue durant la période de redressement. Par contre, l’inscription sera radiée si le dossier n’est pas validé par la commission.

Comment suis-je fiché ?

Personne ne peut se retrouver au FICP du jour au lendemain. Il y a une procédure d’inscription qui doit être respectée.

Incidents de paiement

Dans le cas d’un incident de paiement, le créancier ne peut pas tout de suite déclarer l’incident à la Banque de France. Il doit d’abord informer l’emprunteur qu’il a 30 jours pour régulariser sa situation. Après 30 jours, si les dettes n’ont pas été payées ou si aucun accord n’a été mis en place, le créancier peut procéder à l’inscription au FICP en envoyant un courrier à la Banque de France. Cette action doit être effectuée dans les 4 jours qui suivent l’incident. Dans ce cas, l’emprunteur non solvable est inscrit pour 5 ans. Mais s’il ne souhaite pas attendre 5 ans, il peut régler ses dettes et demander la radiation de son nom de la liste.

Surendettement

Dès qu’une personne dépose un dossier auprès d’une commission de surendettement, elle se retrouve dans le FICP. Cette inscription est provisoire jusqu’à ce que la commission ait étudié la recevabilité du dossier. Si le dossier est rejeté, le nom du demandeur est effacé de la liste. Dans le cas contraire, l’inscription est conservée durant l’exécution des différentes mesures imposées par la commission.

Quelles sont les conséquences d’une inscription au FICP ?

L’inscription au FICP est lourde de conséquences. Le fiché ne pourra pas contracter un nouveau crédit durant 5 ans, sauf s’il règle la totalité de ses dettes ou que la commission de surendettement le lui permette. S’il tente de souscrire un nouveau crédit, sa demande sera rejetée par toutes les banques puisqu’elles consultent préalablement la base de données de la Banque de France avant d’accorder un crédit. Il est également évident que le fiché ne puisse pas être caution d’un crédit. Enfin, il est rare mais possible qu’on lui interdise de procéder à un rachat de crédit.

Comment savoir si je suis fiché?

Tout le monde a le droit de savoir si nom figure dans le Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers. Normalement, votre banque doit vous notifier sa décision de vous inscrire au FICP. Mais vous pouvez aussi prendre contact avec la Banque de France. Pour cela, vous pouvez vous présenter en personne avec votre pièce d’identité dans une agence de la banque de France. Il est aussi possible d’adresser une lettre pour demander si vous êtes inscrit au FICP.  Dans les deux cas, vous aurez une réponse qui précise la nature et la date de fin de votre inscription au FICP.

Comment éviter de se trouver au FICP ?

Comme tous les problèmes, une inscription au FICP peut très bien être évitée si l’on prend les mesures adaptées. Pour cela, il ne bien évaluer votre situation avant de souscrire à un nouveau prêt. En effet, demandez-vous si vous avez les moyens de les rembourser à temps. Si vous trouvez qu’il vous manque des ressources, essayez de modifier votre mode de vie en supprimant ou en diminuant certaines dépenses. Et puisque les problèmes de surendettement sont souvent dus à des accidents de la vie comme la perte d’un emploi ou une maladie, il est plus sage de toujours souscrire une assurance-crédit. Ainsi, la compagnie d’assurance pourra s’en charger si vous n’avez pas les moyens.

Comment sortir du fichage de la Banque de France ?

Comme vous pouvez le constater, être inscrit au FICP n’a rien d’amusant. Il est donc important d’en sortir le plus rapidement possible. Malheureusement, la radiation de votre nom ne se fait pas d’un simple coup de baguette.

L’incident de remboursement

Pour ne plus être fiché, vous devrez rembourser la totalité de vos dettes. Une fois que c’est fait, vos créanciers ont l’obligation de signaler le paiement des dettes auprès de la Banque de France. Toutefois il faut être patient avant de contracter un nouveau crédit, car les banques ne sont forcément pas averties de la radiation de votre nom de la liste.

Le surendettement

Si vous êtes inscrit au FICP à cause du surendettement, l’effacement de votre nom se fera si vous payez l’intégralité de vos dettes et que la commission vous délivre une attestation de paiement que vous pourrez utiliser auprès de la Banque de France. Si vous n’avez pas les moyens pour payer vos dettes, vous devrez attendre. Votre dossier sera ensuite effacé du FICP si vous ne rencontrez aucun incident de paiement durant la période de redressement.

Quelles sont les solutions de prêts pour personne fiché au FICP ?

Que vous soyez inscrit au FICP pour incident de paiement ou pour surendettement, il est clair que vous traversez une période financière plutôt difficile. Il est donc normal que vous soyez à la recherche d’une aide pour vous en sortir. Si vous n’avez pratiquement aucune chance d’obtenir une grande somme auprès de grandes banques, vous pouvez toujours demander ailleurs.

Les banques et organismes de crédit

Il est vrai que les banques et les institutions de crédit ont pour obligation de consulter le FICP avant d’accorder un crédit à un emprunteur. Le FICP est un moyen de s’assurer de la solvabilité du demandeur. S’il y est inscrit, la banque ne doit pas lui accorder un nouveau crédit. Toutefois, certaines banques et certains organismes de crédit proposent des offres de crédit pour FICP sous condition.

Les garanties

Le fiché au FICP peut demander un nouveau crédit s’il dispose d’un bien de grande valeur qu’il doit utiliser comme garantie pour rassurer les créanciers. Au cas où il ne pourrait pas honorer ses dettes, les biens seront saisis et vendus aux enchères. La plupart du temps, la valeur de la garantie doit être égale à celle du prêt demandé.

Les cautions

Si la solvabilité de l’emprunteur est mise en doute par une inscription au FICP, il peut souscrire un nouveau crédit en ayant une ou plusieurs cautions : des personnes qui s’engagent à rembourser le créancier si le débiteur est dans l’impossibilité de le faire. La responsabilité, la durée et le montant de l’engagement de la caution dépendent souvent du contrat.

Les prêts entre particuliers

Si vous avez un besoin urgent d’argent et que toutes les banques ne donnent pas suite à vos demandes, vous pouvez effectuer un prêt entre particuliers. Il est conseillé de demander de l’aide auprès des membres de la famille ou des amis pour éviter les arnaques. Cependant, si aucun de vos proches ne peut vous dépanner, vous pouvez avoir recours aux plateformes de prêt entre particuliers. Souvent, ces créanciers acceptent d’accorder un prêt sans se soucier que le demandeur soit fiché au FICP. Mais dans ce cas, il faudra prévoir une garantie ou une caution pour rassurer le prêteur.

Le crédit pour FICP à l’étranger

Si toutes les banques locales refusent de vous accorder un prêt et que les associations n’ont pas de solutions adaptées à vos besoins, vous pouvez envisager un crédit pour FICP à l’étranger. Contracter un crédit à l’étranger vous permettra d’éviter les questions et problèmes liés au fichage. En effet, puisque les banques étrangères n’ont pas accès au fichier de la Banque de France, elles seront moins réticentes à vous accorder un crédit. Toutefois, les risques d’arnaque sont aussi élevés et il est conseillé de prendre quelques précautions.

D’abord, veillez à choisir une banque qui se situe dans un pays membre de la zone euro : la Belgique, l’Espagne ou l’Allemagne. Cela limitera les problèmes de variation des taux de change. Ensuite, rendez-vous en personne auprès de l’agence de la banque de votre choix pour les négociations et l’ouverture d’un compte. Ainsi, vous éviterez les malentendus et les arnaques. Enfin, si vous ne pouvez pas vous déplacer, vous pouvez demander à un courtier (français ou situé dans le pays ciblé) de trouver une banque adaptée à vos besoins.

Le microcrédit

Si une personne se retrouve dans le Fichier des incidents de paiement c’est parce qu’elle a une des difficultés à rembourser ses prêts ou parce qu’elle est surendettée. Dans les deux cas, il n’est plus question pour elle de contracter un nouveau crédit d’une grosse somme. C’est là que le microcrédit devient intéressant. Il existe de nombreux organismes que vous pouvez contacter pour obtenir un microcrédit et nous allons vous donner quelques bonnes adresses.

Le microcrédit de l’ADIE

Lorsqu’il s’agit de microcrédit, l’ADIE ou association pour le droit à l’initiative économique est la plus connue. Il s’agit d’une association qui offre des petits prêts professionnels pour aider les personnes en situation de précarité. L’emprunteur peut avoir jusqu’à 3000 euros, payable sur 60 mois et avec un taux assez attractif. Malheureusement, cette offre n’est pas valable pour tout le monde.

Les conditions

Pour bénéficier d’un microcrédit de l’ADIE, il faut :

  • Être privé d’accès au crédit bancaire
  • Utiliser le crédit pour un projet professionnel
  • Être capable de rembourser la totalité des dettes sur 60 mois au maximum
  • Avoir une caution à la hauteur de 50% de la somme demandée
Les documents

Pour monter un dossier de demande de microcrédit, vous devrez fournir :

  • Votre pièce d’identité
  • Plusieurs justificatifs : avis d’imposition, facture d’électricité, relevé de compte bancaire, bulletin de salaire, …
La démarche

Si le microcrédit de l’ADIE vous intéresse, remplissez un formulaire sur le site de l’association pour prendre rendez-vous. Par la suite, vous passerez des entretiens et si le microcrédit est accordé, vous bénéficierez également d’un accompagnement pour le lancement et la gestion de votre petite entreprise.

Le microcrédit de la Croix-Rouge

La Croix-Rouge accorde également un microcrédit personnel pour aider les personnes en situation de précarité. Le prêt accordé est de 300 à 3000 euros, remboursable sur 6 à 36 mois et à un taux d’intérêt de 4% environ. Par ailleurs, il n’y a pas de frais de dossier et il n’est pas nécessaire de fournir une caution. Avec cet emprunt, le demandeur peut financer un projet professionnel ou l’utiliser pour subvenir à des besoins personnels.

Le microcrédit de l’UDAF

L’UDAF ou l’union départementale des associations familiales est une association de microcrédit qui aide les personnes exclues du système bancaire pour différentes raisons. Travaillant avec de nombreuses banques, elle peut accorder un prêt à taux nul, d’un montant maximal de 3000 euros (5000 euros pour les cas exceptionnels), remboursable sur 3 ans. Par ailleurs, elle s’occupe de toutes les démarches administratives : envoie du dossier à la Banque de France ou à la commission de surendettement pour demander la permission de contracter un nouveau crédit, envoie des dossiers auprès des banques. Pour bénéficier de cette aide financière, il faut se rendre auprès du bureau de l’UDAF le plus proche de son domicile pour prendre rendez-vous.  Il convient de souligner que le microcrédit de l’UDAF ne peut être utilisé pour rembourser des dettes.

Les prêts de la CAF

Si vous profitez déjà d’une aide de la Caisse d’Allocation familiale, vous pouvez aussi demander un prêt auprès de la CAF. En effet, la CAF peut accorder un microcrédit pour financer des besoins urgents et un prêt d’honneur à un taux nul. Il existe également le prêt d’équipement électroménager ou mobilier, le crédit travaux avec un taux très attractif. Par ailleurs, dans les périodes difficiles, vous pouvez aussi demander des aides comme le secours CAF.

Autres solutions pour rembourser ses dettes

Tout le monde sait que le remboursement des dettes est une étape vers la radiation d’une inscription au FICP. L’obtention d’un prêt pour FICP s’avère être un véritable parcours du combattant, mais ce n’est pas impossible pour autant. Si vous êtes fiché au FICP et que vous avez besoin d’un prêt pour rembourser vos dettes, il existe de nombreuses solutions que nous allons vous montrer.

Le rachat de crédit pour FICP

Le rachat de crédit pour FICP permet à un emprunteur fiché de rembourser ses dettes. Pour cela, l’organisme choisi par l’emprunteur rachète tous ses crédits en cours et rembourse chaque créancier. Donc, l’emprunteur n’aura plus qu’un seul nouveau crédit à rembourser mensuellement, avec un taux plus bas et une durée plus longue. Pour les propriétaires de biens immobiliers, il est aussi possible d’effectuer un rachat de crédit hypothécaire immobilier.

Pour un rachat de crédit, il faut commencer par se renseigner sur les différentes offres de diverses banques. Une fois que vous aurez choisi votre organisme de crédit, vous pourrez passer un entretien avec un conseiller qui vous proposera différentes offres adaptées à votre profil. Faites votre choix et envoyez votre dossier complet pour qu’il soit étudié par un analyste. Si votre dossier est validé, le conseiller vous fera parvenir une proposition que vous devrez signer et retourner après un certain délai de réflexion.

La vente à réméré

Si vous êtes un propriétaire surendetté de bien immobilier et que vous avez besoin d’argent pour rembourser vos dettes, vous pouvez utiliser la vente à réméré ou la vente avec faculté de rachat. Le propriétaire vend son bien pour obtenir de l’argent. Par la suite, il est libre de racheter le bien en question lorsque sa situation financière est rétablie (6 mois à 5 ans).  Puisqu’il s’agit d’un processus notarié et règlementé par la loi, un contrat rédigé et signé doit être conclu devant une notaire. C’est l’assurance pour le propriétaire qu’il récupèrera son bien plus tard. Il est à noter que le prix de rachat du bien peut être plus élevé, car il doit prendre en compte tous les frais et dépenses liés à la vente. Par ailleurs, pensez à bien évaluer vos capacités de rachat dans 5 ans. Sinon, n’envisagez cette solution qu’en dernier recours.

Contrairement à ce que tout le monde pense, une inscription au FICP n’est pas la fin du monde. Bien qu’il existe de nombreuses solutions à ce problème, il est préférable d’éviter de se jeter dans ce pétrin. Donc demandez toujours conseils et trouvez d’autres alternatives avant de contracter de nombreux crédits. Si vous êtes conscient que vous ne pouvez pas rembourser un nouvel emprunt, ne vous lancez pas. Et si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à demander auprès des associations d’aide familiale et sociale.